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Le crime en col blanc: à l'heure des escrocs financiers

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Enron, Norbourg, Nortel, Conrad Black et autres histoires d’arnaques mises en lumière ces dernières années font croire à une époque où la fraude est monnaie courante. Le vice économique ne serait toutefois pas plus fréquent aujourd’hui qu’il y a 50 ans, il est seulement plus impressionnant.
«Lorsqu’on a commencé à observer la fraude, au milieu du XXe siècle, on l’associait à la couche inférieure de la société, raconte Jean-Luc Baché, professeur agréé de l’école de criminologie de l’Université de Montréal. On observait surtout les pauvres, on regardait leur physique pour savoir s’ils avaient des prédispositions au crime économique. On ne pensait pas qu’un membre de l’élite puisse frauder ou voler.»

L’escroc financier comme on le connait aujourd’hui aurait été progressivement démasqué dans les années 30. Moment où un criminologue américain, Edwin Sutherland, s’est attaqué à l’élite, la crapule de haute société qui pratique le crime de col blanc. Pour la première fois, on a alors montré du doigt une tare toujours dissimulée : la magouille est grimpante et l’escroc déjà riche se remplit les poches par tous les moyens. Lésiner sur la qualité, mentir sur la quantité, on cache de l’argent par-ci, par-là, bref, tout ce qui a coloré l’actualité économique des dernières années, voire de la dernière semaine. Conclusion : le bandit ne s’épanouirait pas mieux en 2000 qu’en 1950. «La différence avec cette époque, c’est qu’aujourd’hui la fraude se démocratise.... (extrait)
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