La Suisse défend son secret bancaire
10 avril 2008 - suisse

Au Beau Rivage, l’hôtel de luxe qui fait face au lac Léman, à Lausanne, Me Édouard Chambost reçoit sa clientèle internationale. Il y a ses habitudes et une table réservée, près du bar. Son Guide Chambost des paradis fiscaux, qui en est à sa huitième édition, est traduit en neuf langues.
Cet avocat d’origine française décrit très courtoisement son métier de consultant fiscal international. Ses clients ? Des entreprises et de grandes fortunes, en quête d’imposition minimale. « Un fax avec des instructions », envoyé à l’un de ses soixante correspondants basés dans les paradis fiscaux, tient parfois lieu de prestations. Ses services sont facturés entre 20 000 € et 100 000 €. « C’est un investissement, car, en toute légalité, mes clients peuvent ne plus payer d’impôts en dormant tranquille », précise-t-il. "La violation du secret bancaire est un délit pénal"
Me Édouard Chambost ne croit pas une seconde que le secret bancaire suisse puisse pâtir de la récente affaire de fraude fiscale au Liechtenstein. Une vaste enquête a été lancée courant février en Allemagne sur un millier de contribuables soupçonnés d’avoir contourné le fisc de leur pays avec des placements dans la principauté alpine.
Les données détenues par les autorités proviennent de documents volés par un ancien salarié de la banque LGT et rachetés pour plus de 4 millions d’euros par les services secrets allemands. « La violation du secret bancaire est un délit pénal, puni jusqu’à cinq ans de prison, précise Me Édouard Chambost. Le banquier indélicat risque d’être mis à la porte et de figurer sur une liste noire qui l’empêchera de retrouver un emploi dans le secteur. Les contrôles internes sont importants. Peu de monde a accès aux noms des clients. Les employés ne connaissent que les numéros de compte. Par ailleurs, les banques sont responsables à 50 % de la faute commise par un employé. »
La Suisse est dans le collimateur de l’Union européenne
Lire la suite sur lacroix