Woerth pense à des mesures de rétorsion pour les paradis fiscaux
06 mars 2008 - gouvernement

"Il peut y avoir une concurrence fiscale, mais la concurrence est une chose, l'opacité en est une autre. Un Etat ne peut pas être un prédateur fiscal, notamment au niveau de l'Europe", estime Eric Woerth, qui n'a donné aucune précision sur les mesures envisagées par Paris. Fin février, les autorités britanniques ont transmis à la France une liste de plus de 200 noms, représentant une soixantaine de comptes, d'auteurs potentiels d'évasion fiscale en direction de Vaduz. Quelques jours auparavant, une vaste affaire de fraude impliquant de nombreuses personnalités allemandes avait éclaté outre-Rhin. Des enquêtes fiscales approfondies vont être déclenchées "dans les semaines à venir" a indiqué le ministre des Finances, qui a précisé que de telles procédures pouvaient durer un an avant que l'on ne puisse engager les poursuites pénales. Didier Migaud et Gilles Carrez ont demandé au ministre du Budget de leur rendre un rapport sur les procédures dont la France dispose pour agir sur le plan juridique. Ils ont souligné la difficulté de la lutte contre les fraudes, accentuée par le secret bancaire en vigueur dans certains pays européens, mais également en Asie. "Nous progressons au niveau européen, mais il faut bien voir qu'il peut y avoir des transferts vers Singapour, Hong Kong ou Macao. Il faut mettre en place des procédures au niveau européen mais également au niveau mondial", a déclaré Gilles Carrez.
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