Paradis fiscaux, le secret du bingo
18 mars 2008 - paradis fiscaux

Après 1945, Britanniques et Néerlandais cherchent des solutions pour dynamiser l'économie de toutes ces petites miettes de leurs empires coloniaux. Des miettes exotiques, ensoleillées, avec très peu de ressources naturelles. Les ressources, ils vont les faire venir.
Bahamas, Bermudes, Îles Caïman, mais encore Hong-Kong, Singapour, Îles anglo-normandes, ces territoires se voient dotés d'un régime fiscal spécial. L'idée n'est pas neuve. Les marins grecs ou phéniciens de l'Antiquité négociaient déjà leurs marchandises de préférence dans des ports où les taxes étaient plus faibles.
Aujourd'hui, on estime à une soixantaine le nombre de paradis fiscaux dans le monde. Vieilles principautés, archipels isolés, c'est pour leur stabilité politique et leurs facilités d'accès que ces places financières gagnent leurs clés. En quelques décennies, ils sont devenus un rouage essentiel de l'économie mondiale. En 2005, on estimait à près de 4 500 milliards d'euros les actifs placés dans ces pays. Entreprises et particuliers y trouvent en effet le moyen de payer moins d'impôts, et ce sans forcément entrer dans l'illégalité. Mais la discrétion de mise a attiré une toute autre espèce d'investisseurs. À Nauru, petit archipel du Pacifique, sont domiciliées plus de 400 sociétés russes. Nauru est sans doute inconnu du Moscovite moyen. Pas de la mafia.
Et c'est là que le bât blesse. Non seulement les paradis fiscaux privent nombre d'États de recettes fiscales considérables - ces derniers peuvent dès lors se transformer en enfers fiscaux pour les contribuables ! -, mais encore ils font trop souvent le jeu de l'économie du crime et de la drogue.
Depuis quelques années, des instances internationales (FMI, Nations Unies) s'attachent à imposer plus de transparence. Mais ces paradis-là aiment bien trop les nuages. •
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