Une offensive frappe un obscur paradis fiscal européen.

Depuis près de trois semaines, il ne se passe pas une journée sans que de nouveaux pays annoncent l'ouverture d'enquêtes fiscales sur des assujettis soupçonnés de fraude et de dissimulation fiscale par l'intermédiaire de la principauté de Liechtenstein. Derrière le coup de filet fiscal de l'Allemagne - et de nombreux autres pays européens - se cache une intention politique plus vaste : imposer aux paradis fiscaux une taxation minimale des avoirs qui y sont entreposés... Autour du 15 février, de Munich à Hambourg en passant par Stuttgart et Francfort, la justice allemande lance un bon millier de perquisitions chez des contribuables fortunés soupçonnés de fraude fiscale via le Liechtenstein, dont la capitale est Vaduz. Les médias parlent d'un préjudice de 4 milliards d'euros pour l'Etat allemand, et d'environ 400 milliards d'avoirs cachés hors du pays. La volonté - et manifestement la colère - de l'Allemagne est à l'origine de ce scandale aux allures d'affaire d'espionnage. La chancelière Angela Merkel parle de ' comportements criminels ' des fraudeurs supposés. Et Berlin confirme qu'il a donné l'ordre à ses services secrets, le BND, de déterminer qui sont les fraudeurs. Ce que le BND a fait, en achetant pour environ 5 millions d'euros une liste de noms d'étrangers disposant de comptes au Liechtenstein. Qui est le vendeur ? Un ex-employé des archives de la banque Liechtenstein Global Trust (LGT), qui a dérobé un DVD de données en 2002. Le BND en a racheté une partie - on parle de 600 noms pour l'Allemagne -, et c'est ce document qui sert de base aux investigations de la justice et du fisc outre-Rhin. L'ex-archiviste de LGT refuse de témoigner car il indique craindre pour sa vie, et demande la protection de la justice... On notera que LGT a d'elle-même révélé le nom de la personne en question. Singulier.
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