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Pour les super-riches, la fête semble bel et bien finie

En décidant de coopérer avec la justice américaine, Bradley Birkenfeld pense sans doute plus à son propre avenir qu'à son rôle dans l'histoire. Selon le Wall Street Journal, cet ancien banquier d'UBS va révéler les noms de ses clients qu'il a aidés à dissimuler une partie de leur fortune aux autorités fiscales américaines. La décision de M. Birkenfeld est peut-être un signe de la fin des années faciles pour les super-riches.
L'approche agressive du gouvernement américain - il a exigé d'UBS que la banque identifie ses clients aux Etats-Unis - n'est pas un événement isolé. Elle fait suite à la décision du Royaume-Uni d'augmenter les impôts pour les riches résidents étrangers et au raid lancé en Allemagne contre l'évasion fiscale via l'utilisation de comptes au Liechtenstein ; sans parler, enfin, du ministre des finances français qui s'en est pris aux rémunérations "parfaitement scandaleuses" des dirigeants de grandes entreprises.
Aux Etats-Unis, les plus riches n'ont cessé de s'enrichir, depuis plus d'une génération. La part des revenus détenus par le 0,1 % le plus riche de la popualtion est passée de 1,9 % en 1973 à 8,1 % en 2006, selon les économistes Thomas Piketty et Emmanuel Saez. L'histoire est la même, même si elle est moins extrême, en Europe.
Il est facile de voir pourquoi la plupart des 99,9 % de perdants relatifs peuvent avoir quelque ressentiment à l'égard de cette tendance. Même si la rébellion a été longue à se dessiner, la fin du boom financier a pu servir de catalyseur.
La dernière fois que les revenus du 0,1 % le plus riche ont atteint des sommets aux Etats-Unis - 7,6 % du total -, c'était avec l'envolée de la Bourse en 1929 ! L'histoire ne se répète jamais exactement de la même façon. Mais si les super-riches veulent éviter des problèmes, ils doivent essayer de se gagner un peu plus les faveurs des classes moyennes.
Deux idées. D'abord, qu'ils paient leurs impôts comme les autres citoyens. Cela fait mal de reverser la moitié de ses revenus, mais avec la moitié de 100 millions de dollars (64 millions d'euros), on peut encore vivre confortablement. Et les accusations d'évasion fiscale font mauvais genre. Deuxièmement, qu'ils fassent la charité à grande échelle ; cela fera apparaître leur fortune comme un outil et pas comme une fin en soi.
source lemonde.fr