De la générosité des fondations
21 décembre 2007 -
Canada
L'Institut Fraser perpétue un mythe tenace ("Les Québécois sont peu généreux", Le Droit, 19 décembre) qui fait plaisir à ceux qui plaident pour des réductions d'impôt et de services : nous serions les moins généreux en Amérique du Nord en ce qui concerne nos dons de charité.
Il est vrai que les Américains Bill Gates ou Warren Buffett ou le Canadien Paul Desmarais ont, toute leur vie durant, échappé aux impôts en utilisant des paradis fiscaux. Ils créent ensuite des fondations qui, sous le couvert d'un altruisme gratuit, est en fait une façon de diriger leurs impôts vers des projets qu'eux-mêmes endossent, pas la société toute entière.
Au Québec, la famille Chagnon a utilisé le même stratagème : elle a créé une fiducie familiale, vendu Vidéotron et échappé ainsi aux impôts qu'elle aurait dû payer. Cette fondation intervient dans les écoles et auprès des familles pauvres. Mais c'est un petit groupe de personnes qui choisit ses causes, sans nécessairement examiner celles qui sont le plus urgentes.
Alors, lorsqu'on dit que les Québécois sont moins généreux, on fait abstraction de nos choix de société : garderies à 7 $, assurance-médicaments, frais d'université moins élevés, etc. Ce sont des acquis que nous avons collectivement décidé de protéger en payant plus d'impôt. Cela laisse certainement moins d'argent pour les dons de charité, mais cette solidarité n'est certainement pas moins généreuse que celle des autres.
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