Comment Bradley Birkenfeld veut régler ses comptes avec UBS aux Etats-Unis
04 juin 2008 - suisse
Lundi prochain à Fort Lauderdale, Bradley Birkenfeld sera invité à faire «des aveux complets» au juge William Zloch. Les minutes du premier interrogatoire, le 13 mai dernier, laissent deviner que le juge, ancien «quarterback» de football américain, n'est pas commode. En liberté surveillée chez son frère, Bradley Birkenfeld n'a jusqu'ici rien déclaré aux médias, ni ses avocats. Ceux-ci ont en revanche insisté au tribunal sur la collaboration de leur client, depuis plus d'un an, avec les autorités américaines.
En quoi consistera sa ligne de défense? Nombre de médias anticipent qu'il livrera des listes de clients américains d'UBS. Ils risquent d'être déçus. Oleg Olenicoff (à lui seul, 80% des avoirs ramenés par Bradley Birkenfeld) est déjà jugé. Révéler les noms de ses vingt autres clients américains - du menu fretin par rapport à Oleg Olenicoff - mettrait l'ex-gérant de fortune en délicatesse avec la justice suisse (violation du secret bancaire), sans garantie que cela arrange ses affaires dans son pays.
Plus vraisemblablement, l'accusé tentera de convaincre le tribunal qu'il a agi de bonne foi, tandis qu'UBS poussait en toute connaissance de cause la trentaine de conseillers clientèle de son unité genevoise à violer les règles bancaires et fiscales américaines, très strictes. Les membres de cette entité, baptisée succinctement UBS AG et dissoute à la fin de l'année dernière, n'étaient pas enregistrés auprès de la Securities and Exchange Commission.
Avant de travailler pour UBS, Bradley Birkenfeld était employé par Barclays Suisse, où il a peut-être connu Oleg Olenicoff. Bradley Birkenfeld a en effet été recruté par UBS en 2001, via un cabinet londonien. C'est l'année où Oleg Olenicoff admet avoir transféré 89 millions de dollars de Barclays à UBS.
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