Fraude fiscale, cotisations impayées, travail au noir : le grand écart des évaluations
29 décembre 2007 - revue presse

Pour M. Sarkozy, "la fraude et les pratiques abusives affectant les finances publiques de la France atteignent des proportions considérables : plusieurs dizaines de milliards d'euros chaque année, écrit-il. Ce constat, même s'il reste parcellaire, recoupe le sentiment très répandu chez nos concitoyens que l'argent public reste trop souvent mal géré et mal dépensé, et parfois prélevé à tort".
Ce constat est fondé sur des estimations qui restent à confirmer. Dans un rapport publié en février, le Conseil des prélèvements obligatoires (ex-Conseil des impôts) évaluait la fraude sur les prélèvements fiscaux et sociaux entre 29,1 milliards d'euros et 40,2 milliards d'euros, soit de 1,7 % à 2,3 % du produit intérieur brut (PIB). Les auteurs de cette étude, qui a servi de référence durant la campagne présidentielle, multiplient les précautions pour souligner qu'en France "les travaux d'estimation de la fraude sont balbutiants et en tout état de cause imprécis". Pour l'essentiel, il s'agit d'absence ou de fausses déclarations de revenus, de TVA - entre 7,3 et 12,4 milliards d'euros selon le rapport -, de cotisations sociales (CSG, CRDS), mais surtout du travail au noir, qui entraîne un manque à gagner évalué entre 8 et 15 milliards d'euros.
En comparaison, la fraude et les pratiques abusives concernant les prestations sociales versées aux particuliers et aux familles (assurance-maladie, RMI, CMU, allocation de parent isolé, handicapé...) selon des critères de ressources pourraient paraître d'une dimension plus faible.... (extrait)
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