Le PDG de Samsung démissionne

Lee Kun-hee dirigeait le premier conglomérat sud-coréen depuis 1987. L'un des hommes les plus influents d'Asie a chuté parce qu'il voulait que sa famille conserve son pouvoir. Funeste anniversaire pour le groupe Samsung («les trois étoiles», en coréen), créé en mars 1938 par Lee Byung-chul, à partir d'une usine d'emballage de riz. À 66 ans, celui que l'on surnomme «Chairman Lee», le fils du fondateur, a tiré les conséquences de quatre mois d'une enquête menée par des magistrats indépendants. Il est inculpé «d'abus de confiance» et «d'évasion fiscale» pour un montant de 112,8 milliards de wons (72,7 millions d'euros). À Séoul, la semaine dernière, on évoquait une simple réprimande avec un «bâton en coton». Une façon de rappeler que les charges les plus lourdes (corruption) n'ont pas été retenues contre l'homme fort du capitalisme coréen. «Il est impensable qu'un chef d'entreprise, qui plus est le patron du premier groupe du pays, soit condamné à une sanction lourde et exécutoire», explique un spécialiste français en Corée du Sud. Le nouveau président de la République, Lee Myung-bak est lui-même issu d'un de ces fameux chaebols, Hyundai Construction. Et il a été élu sur un programme électoral favorable au développement économique des entreprises. En donnant ainsi sa démission cinq jours après son inculpation, le vieux tigre Lee Kun-hee jette l'éponge dans le combat souterrain qu'il mène depuis une dizaine d'années pour maintenir sa famille à la tête d'un groupe qui n'a plus d'existence juridique. Les chaebols ont été officiellement abolis à la fin des années 1990, car ils étaient tenus pour responsables des dysfonctionnements structurels de l'économie du pays. Depuis cette époque, le groupe Samsung s'est démantelé. Le nombre de filiales a été réduit et Chairman Lee n'était plus officiellement que le président du conseil d'administration de la plus grosse entité de la nébuleuse, Samsung Electronics....
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