Un rapport ministériel déplore l’inefficacité de la lutte contre le blanchiment
20 mars 2008 -
blanchiment
Une enquête très critique sur le dispositif français de lutte contre le blanchiment de l’argent du crime vient d’être réalisée par trois chercheurs du CNRS, Gilles Favarel Garrigues, Thierry Godefroy et Pierre Lascoumes. Intitulé «Les banques sentinelles de l’anti-blanchiment», ce rapport se base sur une soixantaine d’entretiens avec les responsables de ce secteur au sein des grandes banques, des services de police concernés et du ministère de la Justice.
Tous ces acteurs dénoncent l’échec du système de lutte contre le blanchiment. Les banquiers critiquent l’absence de suivi de leurs «déclarations de soupçons» qu’ils transmettent à Tracfin, la cellule du ministère des Finances, dès qu’un mouvement bancaire leur semble suspect : sur 11 500 déclarations adressées à Tracfin en 2005, seulement 400 ont été transmises à la justice, les responsables bancaires déplorant «l’absence de moyens de Tracfin» et même son «incompétence». Quant aux magistrats et aux policiers, ils dénoncent «l’inutilité» des informations transmises par les banques, qui sont trop tardives et portent, dans la plupart des cas, sur de petites sociétés éloignées des réseaux criminels.
Ce rapport, financé par le Ministère de la Justice et le CNRS, révèle aussi l’échec des enquêtes sur le financement du terrorisme. Selon les magistrats et les policiers interrogés, sur la centaine d’affaires en cours, aucune n’a encore abouti. «Nous sommes en retard par rapport à ce qui se fait dans des pays tels que la Grande Bretagne, les Pays Bas et la Belgique», regrette l’un d’eux.
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