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La charge d'impôt explique 31% des écarts d'évasion fiscale

La confiance c'est bien, le contrôle certainement pas mieux. Au contraire, il réduit la morale fiscale. Or celle-ci explique plus de 20% de la taille de l'économie souterraine. Les deux sont interdépendants. Plus le salaire brut est mangé par l'impôt et plus la tentation du marché noir est vive, selon un excellent petit ouvrage sur le sujet*.
L'économie souterraine a triplé ces trente dernières années, même si elle diminue un peu depuis trois ans. Toutefois, l'analyse met en exergue des écarts considérables entre les pays. Des niveaux record dans le sud de l'Europe, la palme revenant à l'Italie avec 21% du PIB en 2008, bien au-dessus de la moyenne de l'OCDE (13%) et du taux suisse (7,9%).
L'évasion fiscale est également très répandue. En Suisse, elle atteint 23% pour l'impôt sur le revenu, selon les auteurs, avec des écarts très sensibles d'un canton à l'autre et des tendances divergentes. Elle baisse depuis 25 ans à Schwyz, Obwald et Nidwald, mais augmente à Genève, Bâle-Ville et Schaffhouse.
La politique fiscale provoque des effets immédiats sur les statistiques. Les auteurs en veulent pour preuve la réforme fiscale allemande. La coalition a augmenté la TVA de 16 à 19% et ainsi étoffé de 3 à 5 milliards d'euros l'économie souterraine. Le relèvement de l'impôt sur les hauts revenus a augmenté l'économie souterraine de 0,6 à 0,9 milliard d'euros. La pire mesure a été l'introduction d'un salaire minimum dans la construction. Elle a gonflé l'économie souterraine de 3 à 6 milliards d'euros.
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