Les paradis fiscaux : un véritable péril pour la démocratie (1)
26 mai 2008
Commencée en Allemagne, la traque à la fraude fiscale, via le Liechtenstein, a pris une dimension internationale et touche désormais plus de dix pays, dont les Etats-Unis, la France, l'Italie, la Suède et l'Australie.
Les informations bancaires confidentielles, achetées pour plus de 4 millions d'euros par les services secrets allemands à un informateur au Liechtenstein, ont en effet été transmises à plusieurs pays dont la France. Le ministre du Budget, Éric Woerth, a reconnu que quelque 200 Français seraient concernés et a bien promis d'aller «jusqu'au bout» de cette affaire d'évasion fiscale mais, à la différence de l'Allemagne et après plusieurs mois d'enquête, les choses ne semblent pas avoir beaucoup avancées.
Et Bercy a rappelé que contrairement à l'Allemagne, la Direction générale des impôts ne «rémunère aucune information, quelle que soit leur nature», qui pourrait permettre d'épingler les fraudeurs, une façon de dire que la France agira à minima dans ce dossier, une habitude également réaffirmée plusieurs fois par Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était ministre du budget... Depuis une trentaine d'années le capitalisme mondial a connu une extraordinaire mutation qui se caractérise par deux phénomènes majeurs : l'accélération de la globalisation, aussi bien au niveau de l'économie réelle (production et échanges) qu'au niveau financier, et la tendance à la déréglementation totale. A partir de la fin de la période allant de l'après guerre au début des années 70 (les Trente Glorieuses), les capacités de régulation politique, économique et sociale des gouvernements se sont considérablement amoindries...
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Les informations bancaires confidentielles, achetées pour plus de 4 millions d'euros par les services secrets allemands à un informateur au Liechtenstein, ont en effet été transmises à plusieurs pays dont la France. Le ministre du Budget, Éric Woerth, a reconnu que quelque 200 Français seraient concernés et a bien promis d'aller «jusqu'au bout» de cette affaire d'évasion fiscale mais, à la différence de l'Allemagne et après plusieurs mois d'enquête, les choses ne semblent pas avoir beaucoup avancées.
Et Bercy a rappelé que contrairement à l'Allemagne, la Direction générale des impôts ne «rémunère aucune information, quelle que soit leur nature», qui pourrait permettre d'épingler les fraudeurs, une façon de dire que la France agira à minima dans ce dossier, une habitude également réaffirmée plusieurs fois par Nicolas Sarkozy, lorsqu'il était ministre du budget... Depuis une trentaine d'années le capitalisme mondial a connu une extraordinaire mutation qui se caractérise par deux phénomènes majeurs : l'accélération de la globalisation, aussi bien au niveau de l'économie réelle (production et échanges) qu'au niveau financier, et la tendance à la déréglementation totale. A partir de la fin de la période allant de l'après guerre au début des années 70 (les Trente Glorieuses), les capacités de régulation politique, économique et sociale des gouvernements se sont considérablement amoindries...
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Les limites de la lutte contre les abus fiscaux
23 avril 2008
Un jugement donne à la clause anti-abus fiscal française une portée conforme au droit communautaire. L'administration fiscale doit respecter ce droit. Quelle limite s'impose à l'administration dans sa lutte contre les abus fiscaux ? Au lendemain de la publication, par le ministre du Budget, d'un rapport sur la lutte contre l'évasion fiscale par le biais de paradis fiscaux, on peut se pencher sur les précisions que vient d'apporter le tribunal administratif de Lyon sur le sujet. Lorsqu'une société française distribue un dividende à une société établie dans l'Union européenne, aucune retenue à la source n'est prélevée. Cette exonération ne s'applique néanmoins pas lorsque au-dessus du bénéficiaire de la distribution se trouve une société établie en dehors du territoire communautaire. Il s'agit là d'éviter que s'interpose une société communautaire entre une société française et ses actionnaires ultimes étrangers, dans le seul but de bénéficier d'une distribution de dividendes sans prélèvement fiscal, qui autrement serait soumise à une retenue à la source en vertu du droit interne ou d'une convention fiscale. Toutefois, cette clause anti-abus est écartée, et l'exonération donc applicable, si la société française apporte la preuve que « la chaîne de participations n'a pas comme objet principal ou comme un de ses objets principaux » de bénéficier de l'exonération (2).
Dans la pratique, l'administration fiscale est réticente à accueillir favorablement les arguments des contribuables. Elle accepte de retenir une absence de but fiscal dans deux cas limitativement énumérés dans une doctrine de 1992 (3) : soit la chaîne de participations existait avant 1990, soit le montant cumulé des retenues à la source prélevées le long de cette chaîne est au moins égal à celui qui aurait été perçu en France si la distribution avait été faite directement à l'actionnaire hors Union européenne...
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Dans la pratique, l'administration fiscale est réticente à accueillir favorablement les arguments des contribuables. Elle accepte de retenir une absence de but fiscal dans deux cas limitativement énumérés dans une doctrine de 1992 (3) : soit la chaîne de participations existait avant 1990, soit le montant cumulé des retenues à la source prélevées le long de cette chaîne est au moins égal à celui qui aurait été perçu en France si la distribution avait été faite directement à l'actionnaire hors Union européenne...
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Les limites de la lutte contre les abus fiscaux
21 avril 2008

Quelle limite s'impose à l'administration dans sa lutte contre les abus fiscaux ? Au lendemain de la publication, par le ministre du Budget, d'un rapport sur la lutte contre l'évasion fiscale par le biais de paradis fiscaux, on peut se pencher sur les précisions que vient d'apporter le tribunal administratif de Lyon sur le sujet (1).
Lorsqu'une société française distribue un dividende à une société établie dans l'Union européenne, aucune retenue à la source n'est prélevée. Cette exonération ne s'applique néanmoins pas lorsque au-dessus du bénéficiaire de la distribution se trouve une société établie en dehors du territoire communautaire. Il s'agit là d'éviter que s'interpose une société communautaire entre une société française et ses actionnaires ultimes étrangers, dans le seul but de bénéficier d'une distribution de dividendes sans prélèvement fiscal, qui autrement serait soumise à une retenue à la source en vertu du droit interne ou d'une convention fiscale. Toutefois, cette clause anti-abus est écartée, et l'exonération donc applicable, si la société française apporte la preuve que « la chaîne de participations n'a pas comme objet principal ou comme un de ses objets principaux » de bénéficier de l'exonération....
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A-t-on peur des mots?
06 avril 2008
«Le capitalisme, c’est toi ou moi, jamais toi et moi!» Il s’agit d’un graffiti aperçu sur un mur, à moins que ce ne soit sur un des nombreux panneaux publicitaires entre La Havane et son aéroport. Peu importe où je l’ai lu, ça me semble plein de bon sens. Or, jamais ici on n’aborde cette question. Tout se passe comme si aucun groupe, aucun syndicat, aucun parti politique ne remettaient en question le système capitaliste et ses réalisations. Ce n’était pas le cas il y a 30 ans, et je ne le dis pas de façon nostalgique. Vivrions-nous dans le «plusse meilleur» système au monde?
Bien sûr, il s’en est passé des événements depuis quelques décennies. Bien des rêves se sont effondrés, des «forteresses socialistes» se sont écroulées comme des châteaux de cartes et la population de ces pays d’Europe de l’Est ne semble pas intéressée, pour le moment, à revenir à la situation qui prévalait «avant». Les gouvernements qui ont remplacé ces bureaucraties autoritaires ne semblent pourtant guère mieux. Même si on y respire quelques bouffées de liberté, le capitalisme sauvage ne respecte plus rien ni personne. Le secteur culturel a été un des premiers touchés: la danse et le ballet, la musique et les concerts, le théâtre, le cinéma, entre autres, ne sont plus la vitrine culturelle qu’ils étaient auparavant.
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Bien sûr, il s’en est passé des événements depuis quelques décennies. Bien des rêves se sont effondrés, des «forteresses socialistes» se sont écroulées comme des châteaux de cartes et la population de ces pays d’Europe de l’Est ne semble pas intéressée, pour le moment, à revenir à la situation qui prévalait «avant». Les gouvernements qui ont remplacé ces bureaucraties autoritaires ne semblent pourtant guère mieux. Même si on y respire quelques bouffées de liberté, le capitalisme sauvage ne respecte plus rien ni personne. Le secteur culturel a été un des premiers touchés: la danse et le ballet, la musique et les concerts, le théâtre, le cinéma, entre autres, ne sont plus la vitrine culturelle qu’ils étaient auparavant.
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Un paradis fiscal, c'est quoi au juste?
25 mars 2008

Le terme est extrêmement flou. Il désigne tout pays dont la fiscalité apparaît comme avantageuse par rapport à une «normale» toute relative. Ainsi, l'Irlande, dont l'imposition est particulièrement basse, attire de nombreuses entreprises qui y gèrent leurs trésoreries (cela pouvant être légal si c'est accompagné d'une délocalisation des activités ou illégal dans le cas inverse). On parle également de «pays à fiscalité privilégiée». Les paradis fiscaux - au sens où on l'entend généralement dans la presse - combinent cette fiscalité avantageuse au secret bancaire (on parle alors de paradis bancaires) et à l'absence de coopération judiciaire avec les autorités étrangères (paradis judiciaires).
Combien y a-t-il de paradis fiscaux dans le monde?
Officiellement, seuls trois pays ont été épinglés par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE): Andorre, le Liechtenstein et Monaco. Mais les spécialistes s'accordent autour d'environ 70 paradis fiscaux dont la majorité se sont engagés plus ou moins à coopérer avec les autorités judiciaires, notamment dans les affaires de terrorisme. En Europe, il existe 14 paradis bancaires dont trois au sein même de l'Union européenne: la Belgique, le Luxembourg et l'Autriche. Certains sont des territoires au sein d'Etats souverains, comme par exemple l'île de Man ou les îles anglo-normandes au Royaume-Uni. Les résidents britanniques ne sont pas taxés sur leurs revenus qui se trouvent dans ces îles. D'autres paradis fiscaux sont spécialisés. Ainsi, les Bermudes recueillent principalement l'argent des assurances quand les îles Caïman constituent une destination privilégiée pour les banques.
Qui a recours aux paradis fiscaux? Selon Vincent Drezet, secrétaire national du Syndicat national unifié des impôts, «tous les fonds spéculatifs y ont recours». «Ils constituent une soupape de sécurité au système financier international en permettant de maximiser les profits des entreprises». Problème: ils faussent la concurrence et concentrent l'argent là, où il n'existe aucun besoin économique réel. «Globalement, les PME et les PMI n'y ont pas recours car les sommes en jeu ne sont pas assez importantes».
source
dossier spécial paradis fiscaux et l'affaire du Lichtenstein sur 20 minutes
Canada : Portrait robot des victimes de fraude financière
25 mars 2008

> Un Canadien sur 20 (4,5%) a déjà été victime de fraude. On estime ainsi que plus d'un million de Canadiens ont été victimes de fraude au moins une fois dans leur vie.
> Près du quart des victimes ont été escroquées plus d'une fois.
> Qui tombe dans le panneau? Les gens qui ne font pas confiance aux professionnels du placement et qui croient qu'il faut contourner les règles pour avancer dans la vie. Ils sont deux à trois fois plus vulnérables que les autres. > À peine le quart (24%) des victimes ont dénoncé la fraude aux autorités. > Pourquoi se taisent-elles? Elles jugent la situation trop embarrassante. Elles considèrent que la somme perdue est trop faible, que les procédures sont trop compliquées. Elles estiment qu'elles n'ont pas assez de preuves et que, de toute façon, les fraudeurs sont disparus ou en faillite. > Les trois quarts (74%) des victimes n'ont rien récupéré des sommes investies. > Au-delà des conséquences financières, les victimes de fraude vivent des problèmes émotionnels (36%) comme un stress accru, des problèmes de santé mentale (22%) comme la dépression ou le sentiment d'isolement, des problèmes de poids (10%), de l'anxiété et des crises de panique (15%). > Ceux qui ont perdu plus de 10 000$ subissent toutes ces conséquences dans une proportion deux fois plus élevée. > Une vaste majorité (70%) des Canadiens pensent que les fraudeurs s'en tirent facilement et qu'ils ne se font imposer que des peines légères.
source
Fiscalité : le paradis pour tous !
15 mars 2008

La commission des finances de l'Assemblée nationale a entre les mains une soixantaine de noms qui auraient fraudé le fisc en plaçant leur argent au Liechtenstein... Rappelons que la fraude fiscale est estimée par Bercy à environ 40 milliards de dollars. C'est presque l'équivalent du déficit budgétaire français. Un des moyens de frauder le fisc est de placer son argent dans des paradis fiscaux, pour éviter de payer l'impôt - par exemple l'impôt sur les successions - c'est pour cette raison que des Français ont placé leur argent au Liechtenstein. Il y a beaucoup de paradis fiscaux en Europe (Gibraltar, Monaco, Andorre, les Iles Anglo-normandes, Saint Marin) et certains états pratiquent le secret bancaire et imposent très peu le capital et le revenu du capital déposé chez eux, c'est le cas du Luxembourg, de l'Autriche, de la Belgique et de la Suisse (qui n'est pas en Europe). La Belgique, apparemment a décidé de lever le secret bancaire dans les mois qui viennent, mais les autres y restent farouchement attachés.
Il y a tout de même un progrès, c'est la directive adoptée par les pays européens en 2003, entrée en application en 2005 : les pays qui désirent conserver le secret bancaire (l'anonymat des déposants et des transactions) acquittent une taxe forfaitaire de 35% sur les revenus de l'épargne. 75% de cette taxe va au pays d'origine des ressortissants anonymes taxés, le reste au pays du secret bancaire. La taxe ne s'applique pas sur les revenus engendrés par les produits dérivés ou les plus-values d'actions, mais c'est mieux que rien. Le Luxembourg s'était farouchement opposé à cette directive, au prétexte que l'argent déposé chez lui partirait à Singapour ou Hong-Kong ou aux Iles Caïman.
La moitié des prêts et dépôts internationaux passent par des paradis fiscaux. Il est pratiquement impossible de lutter contre les paradis fiscaux dans la mesure où les grandes entreprises, les multinationales, en sont les grandes bénéficiaires. Elles pratiquent « l'optimisation fiscale », c'est-à-dire qu'une comptabilité compliquée leur permet de baisser considérablement leurs impôts en faisant transiter leurs flux financiers entre maisons mères et filiales via les paradis fiscaux. Toutes les grandes banques ayant pignon sur rue ont des succursales dans les paradis fiscaux. La moitié des prêts et dépôts internationaux passent par des paradis fiscaux, d'après le Fonds monétaire international. 30% des Investissements à l'étranger des multinationales sont à destination des paradis fiscaux. Les deux premiers investisseurs en Chine sont des paradis fiscaux (Hong-Kong et les Iles vierges britanniques). Enfin Londres... Londres, qui gère une énorme masse d'argent offshore depuis la création des eurodollars en 1957 (les dollars gérés hors du territoire américain,) n'est-elle pas le plus gros paradis fiscal du monde ?
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Une offensive frappe un obscur paradis fiscal européen.
12 mars 2008

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Paradis fiscaux, fantasmes et réalités
10 mars 2008

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Difficile d’atteindre les paradis, ils sont devenus indispensables à la finance mondiale.
06 mars 2008

Les paradis fiscaux actuels trouvent leur origine au début du XXe siècle, quand certains professionnels et particuliers découvrent qu’il est moins coûteux d’aller s’enregistrer dans d’autres pays. Depuis la fin des années 1960, avec le début de la mondialisation financière, le phénomène n’a fait que s’accroître, atteignant une ampleur inégalée. Selon la Banque des règlements internationaux, la moitié des flux financiers des banques internationales passent par les paradis fiscaux, qu’ils en soient originaires ou destinataires. Autre statistique, citée par la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement), un tiers des investissements directs à l’étranger des multinationales européennes passe par les territoires offshore, qui sont aussi le lieu où les trafiquants de toute sorte ainsi que les fraudeurs au fisc peuvent placer leur argent en sécurité. Les statistiques manquent, mais certains évoquent le chiffre de 1 000 milliards d’euros d’argent sale circulant dans le monde.
Depuis la fin des années 1990, les pays occidentaux ont mené une grande offensive contre les paradis fiscaux. A l’origine, des motivations différentes : la lutte contre la criminalité, et notamment le terrorisme islamiste, les crises et les scandales financiers faisant apparaître le rôle des paradis fiscaux dans la manipulation des comptes des entreprises, les questions de concurrence fiscale dommageable… Les organismes internationaux (OCDE, Gafi, G7) dressent alors des listes noires, font pression contre certains Etats symboles. En France, la mission conduite par les députés socialistes Vincent Peillon et Arnaud Montebourg déstabilise certains pays européens.
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On ira tous au Paradis
04 mars 2008

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Les paradis menacés
04 mars 2008

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Les rouages du blanchiment d'argent
02 janvier 2008

Les rouages sont méconnus par le grand public qui pense toujours aux paradis fiscaux comme apanage des truands et services secrets. Pourtant, les individus et les entreprises, petites ou grandes, forment un bloc majoritaire dans l’utilisation des paradis fiscaux. Tentative d'explication.
Le prélavage Tout d’abord, il faut disposer d’un ou plusieurs comptes dans un ou plusieurs paradis fiscaux. Ensuite, l’opération de prélavage consiste à déposer de l’argent liquide sur le compte offshore afin de faire rentrer ces capitaux dans le système financier.
Le lavage Le montage consiste à effectuer des virements depuis une société hébergée dans un pays taxé vers de multiples sociétés écrans hébergées dans des paradis fiscaux. À plus petite échelle, une société peut effectuer une commande à un prestataire offshore. La prestation est surfacturée et la différence est rendue en espèces moins une commission dégressive en fonction du montant.
Le recyclage Il s’agit de réintroduire des fonds, hébergés dans un paradis fiscal, dans le système économique légitime. Cette opération suit l’opération de prélavage ou lavage. C’est par le biais d’acquisitions immobilières ou financières et de création ou d’achat d’entreprises que l’argent réintègre des activités économiques légitimes. Alternativement, les jeux d’argent, les antiquités, les tickets gagnants de courses de chevaux, ou encore de loterie, et les cartes bancaires de d’établissement financiers offshore sont autant de moyens d’introduction illégale de capitaux dans l’économie légitime.
D’après le Fonds Monétaire International (F.M.I), le phénomène du blanchiment d’argent représente entre 2 et 5% du Produit Intérieur Brut (P.I.B) mondial. De plus, la moitié des flux de capitaux, estimés entre 600 et 1500 milliards de dollars, transite par les paradis fiscaux
Les moyens de lutte contre le blanchiment d’argent sont intensifiés à la suite des attentats du 11 Septembre. La plupart des paradis fiscaux ont accepté de prendre certains engagements en matière de coopération, mais cela concerne surtout les affaires liés au terrorisme, trafic de drogue, prostitution et vente d’armes. Ainsi, le laxisme reste toutefois de mise pour la vaste majorité des transactions illégales qui restent opaques pour la justice des pays sources. L’autre moyen de lutte est une certaine tendance à l’attractivité fiscale de la part des grandes nations afin d’endiguer l’évasion de capitaux.
Au final, le paradis fiscal reste un pivot de la mondialisation libérale. En effet, l’argent sale doit être recyclé afin de profiter au système économique mondial. Malgré les effets d’annonce, le laxisme envers ces territoires juridiquement singuliers n’est pas près de s’arrêter.
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La France est peu attractive sur le plan fiscal pour les entreprises européennes
20 décembre 2007

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