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Les Italiens se ruent sur le Net pour connaître les revenus de leurs voisins

Combien gagne mon voisin de palier, mon chef de service, mon footballeur préféré ou plus prosaïquement mon ex, ce radin qui mégote sur la pension alimentaire ? Pour répondre à la question qui les intéressait, les Italiens se sont rués par centaines de milliers sur Internet, mercredi 30 avril, après que les services des impôts ont mis en ligne les déclarations de revenus de 40 millions de contribuables.
Le site du ministère des finances s'est trouvé rapidement saturé, jusqu'à ce que, dans l'après-midi, l'administration fiscale soit contrainte de faire machine arrière par l'Autorité de protection de la vie privée.
Il était déjà trop tard pour les célébrités de la Péninsule, dont les revenus 2005 et les impôts payés en 2006 ont fait l'objet de pages entières publiées le lendemain par de nombreux quotidiens. Avec 6,3 millions d'euros, Marina Berlusconi ferait presque figure de pauvresse face aux 45 millions d'euros déclarés par Giorgio Armani. Les supporteurs de la Fiorentina ont-ils en travers de la gorge les 22,4 millions d'euros de Christian Vieri, le footballeur italien le mieux payé, après l'élimination de leur club de la Coupe de l'UEFA, jeudi 1er mai, sur un penalty raté par leur cher "Bobo" ?
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La surenchère de promesses de cadeaux fiscaux a dominé la campagne italienne

berlusconie fiscale
Dans l'ordre : emploi, pouvoir d'achat et impôts. "Ce sont les thèmes économiques qui orientent le plus le vote des Italiens", a indiqué, jeudi 10 avril à Rome, Nando Pagnoncelli, directeur d'Ipsos Italie. Selon le responsable de l'institut de sondages, c'est aussi sur ces questions que se détermineront les indécis, encore nombreux à deux jours des élections législatives anticipées des 13 et 14 avril, après la chute du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, le 24 janvier. Dans un pays qui s'est appauvri depuis 2000, où une famille sur cinq a un revenu inférieur à 1 200 euros, les sombres perspectives de l'économie mondiale ont de quoi inquiéter. Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé, mercredi 9 avril, que la croissance italienne ne dépassera pas 0,3 % au cours des deux prochaines années. Cette prévision est jugée "plus que jamais réaliste et crédible" par les spécialistes du centre d'études économiques CERM de Rome. Au lendemain de la publication de données de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) montrant un taux de croissance négatif de la productivité en Italie de 2001 à 2006 (- 0,5 % contre + 1 % en France), ils annoncent "l'économie italienne proche de la léthargie"....
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Italie - L’Etat champion de la fraude fiscale

Tommasso Padoa-Schioppa
Alors que Naples croule sous les ordures, que l’Etat italien jure de pourfendre les mauvais payeurs, un conseiller municipal romain porte plainte contre des ministères qui refusent de payer leurs impôts communaux. Finalement les Italiens ne cesseront jamais de nous étonner. Alors que le ministre du Trésor, Tommasso Padoa-Schioppa, jure de pourfendre les fraudeurs, un conseiller municipal vient de porter plainte contre plusieurs ministères qui ont « oublié » de payer leur dîme. En tête de liste, le Centre national des impôts avec une ardoise de 3,5 millions d’euros ! Egalement dans le collimateur de Massimo Valentini, le conseiller municipal qui a découvert le pot aux roses, les Affaires étrangères (4 millions), la Santé et les Travaux publics, avec une addition qui frôle à chaque fois les 2,5 millions d’euros. Et l’on ne parle pas des administrations locales. « C’est un scandale ! L’Etat prône la transparence et jure de lutter contre la fraude fiscale tandis que l’administration, qui devrait justement donner l’exemple, fait partie des mauvais payeurs », tonne Massimiliano Valentini.


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Italie: le gouvernement prêt à réduire les impôts des salariés

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a annoncé jeudi son intention de réduire les impôts payés par les salariés et par les plus faibles revenus, comme le réclament les syndicats, au cours d'une réunion des principaux dirigeants de sa majorité.
"Nous pouvons aller vers une réduction concrète de la charge fiscale en avantageant avant tout les salariés et ceux aux faibles revenus", a-t-il dit.
M. Prodi a dans ce contexte critiqué "la mauvaise répartition des revenus", estimant qu'"il faut s'appuyer davantage sur la demande interne" pour faire croître l'économie et soutenir "le pouvoir d'achat des travailleurs et des familles". Cette position du chef du gouvernement italien devrait satisfaire les syndicats et l'aile gauche de sa coalition qui réclament des mesures en faveur des salariés. M. Prodi a cependant prévenu que le gouvernement "ne dépensera pas un seul euro sans l'engagement ferme des partenaires sociaux à obtenir davantage de productivité, de meilleurs salaires et plus d'investissements". Pour financer cette baisse d'impôt, M. Prodi compte, entre autres, sur "la lutte contre l'évasion fiscale" et "la réforme de l'impôts sur les revenus financiers".
Tout en soulignant la nécessité d'être "prudent" en raison du "moment délicat que traversent les marchés financiers", le chef du gouvernement italien a estimé qu'"il est difficile de continuer avec l'anomalie d'un système dans lequel le travail est les entreprises sont taxés bien plus que les revenus financiers" sur lesquels l'impôt est de 12,5%, évoquant le chiffre de 20%.
"Il est évident que toutes les mesures fiscales devront être compatibles avec la réduction de la dette publique", a précisé M. Prodi.
La poursuite de l'assainissement des comptes publics "est une obligation non seulement économique mais aussi morale envers les générations futures", a-t-il conclu.
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