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Fiscalité : le paradis pour tous !

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Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain, qui explique pourquoi la lutte contre les paradis fiscaux est impossible.
La commission des finances de l'Assemblée nationale a entre les mains une soixantaine de noms qui auraient fraudé le fisc en plaçant leur argent au Liechtenstein... Rappelons que la fraude fiscale est estimée par Bercy à environ 40 milliards de dollars. C'est presque l'équivalent du déficit budgétaire français. Un des moyens de frauder le fisc est de placer son argent dans des paradis fiscaux, pour éviter de payer l'impôt - par exemple l'impôt sur les successions - c'est pour cette raison que des Français ont placé leur argent au Liechtenstein. Il y a beaucoup de paradis fiscaux en Europe (Gibraltar, Monaco, Andorre, les Iles Anglo-normandes, Saint Marin) et certains états pratiquent le secret bancaire et imposent très peu le capital et le revenu du capital déposé chez eux, c'est le cas du Luxembourg, de l'Autriche, de la Belgique et de la Suisse (qui n'est pas en Europe). La Belgique, apparemment a décidé de lever le secret bancaire dans les mois qui viennent, mais les autres y restent farouchement attachés.
Il y a tout de même un progrès, c'est la directive adoptée par les pays européens en 2003, entrée en application en 2005 : les pays qui désirent conserver le secret bancaire (l'anonymat des déposants et des transactions) acquittent une taxe forfaitaire de 35% sur les revenus de l'épargne. 75% de cette taxe va au pays d'origine des ressortissants anonymes taxés, le reste au pays du secret bancaire. La taxe ne s'applique pas sur les revenus engendrés par les produits dérivés ou les plus-values d'actions, mais c'est mieux que rien. Le Luxembourg s'était farouchement opposé à cette directive, au prétexte que l'argent déposé chez lui partirait à Singapour ou Hong-Kong ou aux Iles Caïman.
La moitié des prêts et dépôts internationaux passent par des paradis fiscaux. Il est pratiquement impossible de lutter contre les paradis fiscaux dans la mesure où les grandes entreprises, les multinationales, en sont les grandes bénéficiaires. Elles pratiquent « l'optimisation fiscale », c'est-à-dire qu'une comptabilité compliquée leur permet de baisser considérablement leurs impôts en faisant transiter leurs flux financiers entre maisons mères et filiales via les paradis fiscaux. Toutes les grandes banques ayant pignon sur rue ont des succursales dans les paradis fiscaux. La moitié des prêts et dépôts internationaux passent par des paradis fiscaux, d'après le Fonds monétaire international. 30% des Investissements à l'étranger des multinationales sont à destination des paradis fiscaux. Les deux premiers investisseurs en Chine sont des paradis fiscaux (Hong-Kong et les Iles vierges britanniques). Enfin Londres... Londres, qui gère une énorme masse d'argent offshore depuis la création des eurodollars en 1957 (les dollars gérés hors du territoire américain,) n'est-elle pas le plus gros paradis fiscal du monde ?
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